Face aux enjeux environnementaux, l’Union européenne impose aux datacenters la réutilisation de leur chaleur émise. Réglementation pragmatique ou fable technocratique ? Dans la réalité, son application se heurte à des contraintes : les opérateurs du secteur racontent l’envers du décor.

En France, 352 centres de données tournent jour et nuit. À eux seuls, ces ogres numériques dévorent, selon l’Ademe, l’équivalent de trois fois l’électricité de Paris. Sans jamais être repus. Et, selon EDF, leur consommation devrait tripler sur les dix prochaines années, pour atteindre 30 TWh. "Les centres de données ont été identifiés comme l’un des plus gros besoins énergétiques émergents, après la mobilité ", souligne Fabrice Lebrun, développeur et accélérateur d’offres innovantes chez EDF. À l’échelle européenne, leur demande en électricité représentait déjà 3,21 % de la consommation brute de l’UE en 2023, un niveau comparable à celui de la Belgique...